Boléro
Bon, j'avoue que, si j'adore Ravel, le Boléro n'est à la base pas mon air classique préféré.
Un peu trop galvaudé à mon goût, je lui préfère le Concerto en sol Majeur, le Concerto pour la main gauche, (2 oeuvres composées à la suite du Boléro et les toutes dernières de Ravel), Daphnis et Chloé, Ma Mère l'Oye, Pavane pour une infante défunte, Gaspard de la nuit, les Valses nobles et sentimentales, la Valse, ou encore son travail d'orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, pour ne citer qu'eux...!
Oui, le Boléro, c'est un peu la tarte à la crème absolue de la musique classique...
L'oeuvre, par son tempo immuable, fit scandale à l'époque de sa création (le 22 novembre 1928 !)
"le Boléro doit être exécuté à un tempo unique du début à la fin, dans le style plaintif et monotone des mélodies arabo-espagnoles." Ravel
Le Boléro, c'est un peu l'ancêtre de la musique répétitive américaine des années 60, développée par Steve Reich, et ses amis post-modernistes.
Les seules variations de l'oeuvre résident dans les effets d'orchestration, son crescendo progressif ou encore la brève modulation inattendue.
Mais le Boléro est surtout une musique de Ballet pour orchestre...
Maurice Béjart 1er janvier 1927-22 novembre (!) 2007
Maurice Béjart a su magnifiquement tirer parti de ce rythme et ce tempo invariables, et surtout de cette montée en puissance progressive, ce lent crescendo, magnifié par une chorégraphie à faire se damner un saint !
L'obsession du rythme, presque tribal, gagne les danseurs, jusqu'au final en apothéose !
La mélodie envoûtante, inspirée de thèmes arabo-hispaniques, est merveilleusement incarnée par la sensualité débridée des corps ruisselants offerts à nos yeux ébahis par tant de puissance animale exprimée !
Si le Boléro a connu différentes adaptations chorégraphiques, celle de Béjart, qui date de 1961, et qui deviendra une de ses chorégraphies emblématiques, est sûrement la plus connue aujourd'hui.
Le Boléro de Béjart interprété par Elizabeth Ros, part 1 & 2
L'oeuvre fut interprétée ce vendredi 8 février 2008 pour la 116ème fois, par le Ballet de l'Opéra national de Paris, de passage à Montpellier, dans une salle de l'opéra Berlioz du Corum comble, qui a offert une véritable ovation à l'ensemble des danseurs du Ballet pour sa magnifique représentation, Nicolas Le Riche à leur tête.
Une véritable expérience métaphysique, à laquelle il est difficile de rester insensible.
Je crois que je n'écouterai plus le Boléro comme avant...
Le Bolero dans tous ses états...
Parce que tous les chemins mènent à Django, on se souviendra ainsi de ce Bolero composé par Django Reinhardt en 1937, inspiré par celui de Ravel, ici interprété par le maître lui-même :
Un de mes morceaux préférés de Django, ici interprété par Biréli Lagrène, (qu'on ne présente plus), accompagné par le saxophone de Franck Wolf et la contrebasse de Diego Imbert :
Au cinéma...
D'autres boléros fameux ont aussi étés l'objet de superbes B.O. de films :
Quizas quizas quizas, de Nat King Cole, B.O. du film In The Mood For Love de Wong Kar-Wai
Piensa en mi, de Luz Casal, B.O. du film Talons aiguilles de Pedro Almodovar
Dos gardenias par Ibrahim Ferrer, dans le Buena Vista Social Club
Différentes adaptations toutes plus sublimes de sensualité les unes que les autres, qui nous plongent directement au coeur de la moiteur des soirées andalouses.
Quant à la chorégraphie de Béjart, elle fut immortalisée sur la pellicule de Claude Lelouch dans le film Les Uns et les autres, en 1981 :
Nous noterons que des mesures supplémentaires ont été ajoutées par Francis Lai.