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Pensée

N.D.L.R. : Klimt, Le Baiser

Cyrano :

Un baiser, mais à tout prendre...Qu'est-ce ?

Un serment fait d'un peu plus près, une promesse,

Un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu'on met sur l' "i" du verbe aimer,

Un secret qui prend la bouche pour oreille,

Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille...

Une communion ayant un goût de fleur,

Une façon d'un peu de respirer le coeur

Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme...


 

 

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Japon

Vendredi 27 avril 2007

 






Par Catgeisha
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Mercredi 28 juin 2006

 

 Hokusai Katsushika détail Couple s'embrassant

Azuma Nishiki Brocade of the East, 1812, période Edo

Estampe polychrome

 

 

L'imagination graphique du monde flottant est un monde en soi(e) !

Le terme nishiki-e, littéralement estampe de brocart fait référence aux estampes polychromes de l'ukiyo-e (images du monde flottant) inventées en 1760 et si magnifiquement réalisées par Hokusai Katsushika (1760-1849).

Un brocart est en effet une etoffe de soie rehaussée de dessins brochés d'or et d'argent.

Elle n'a d'égal que la subtilité imaginative des senryû de l'époque.

Senryû

Le terme Senryû désigne un poème japonais de type haïku, de 17 syllabes, mais de nature comique.

Karai Masamichi Hachiewa, né en 1718 à Edo (l'ancien Tôkyô) fut maître de poésie dès 1757 sous le nom de plume de Senryû.

Il semblerait qu'il ait choisi ce nom en pensant aux saules (ryû) qui bordaient le canal (sen) près duquel il résidait.

Karai Senryû est le représentant le plus célèbre du maekuzuke.

C'est pourquoi le maekuzuke sera plus tard désigné par ses successeurs dès 1844 avec le nom de plume sous lequel il a exercé son activité, le senryû.

Maekuzuke, kesako ?

Les maekuzuke, littéralement "poème-réponse à un sujet", sorte de contraction des mots "maeku" ("sujet") et "tsukeku" ("réponse") font fureur à travers le Japon du XVIIIè siècle.

Véritables satires sociales, ces poèmes bourrés de références plus ou moins subtiles, de jeux de mots fins d'esprits ou grivois, ils dénoncent la nature humaine et ses faiblesses.

L'engouement est tel qu'apparaissent rapidement des concours arbitrés par les maitres de poésie en vue de l'attribution de prix.

Les poèmes retenus et  publiés étaient affichés chez les commerçants de la ville, classés par catégories, les poèmes de la fin de la publication (le bout) étant consacrés à des considérations érotiques.

Ces derniers valaient à leurs auteurs 1 plat en bois ou 150 sous.

Le monde des courtisanes de Yoshiwara, le quartier des plaisirs à Edo, a passionné les citadins du XIIIè et du XIXè siècle, lorsqu'ils composaient des senryû.

En est un exemple le senryû :

 

   

Papier de soie

 

 

Sanctuaire intérieur

où sont les bandes de papier

mais roulées en boule

 

Y.89,30

 

Ce senryû fait référence à une tradition séculaire au Japon.

Un sanctuaire shintoïste est toujours annoncé par des bandes de papier blanc torsadées en losanges (gohei)...associés à une corde, ils forment un shimenawa, mis à l'entrée du sanctuaire ou autour d'un arbre, ils témoignent de la présence d'un kami.

Kami signifie divinité shinto en japonais, mais aussi papier...

Ces papiers pliés qui seront d'ailleurs aussi à l'origine des origami...

Ici, dans le senryû, le sanctuaire n'est, vous l'aurez compris, pas celui de la photo...

 

 

Sanctuaire Gojoten, Tokyo 

 

Ce papier sert également à l'hygiène post-opera :

Quand la vague arrive

à son ventre, elle prend en main

le papier-mouchoir

SF.485

Le papier de soie est un papier particulièrement doux au toucher (comme de la soie), très résistant et quasiment imperméable, qui servait entre autres usages à la toilette intime après une relation sexuelle, ou encore comme une sorte de stérilet lorsque roulé en boule et mis en place avant une relation du même genre.

Les estampes d'Utamaro (1753-1806) ou de Hokusai (1760-1849) le représentent souvent, soit disposé près de l'oreiller, soit tenu par la femme entre ses dents, pour atténuer les "sanglots" (désigne les cris d'extase que lancent les femmes...).

Le Yanagidaru, littéralement Le Tonneau de saule, est un recueil de senryû allant de 1765 à 1838, en cent soixante-sept volumes. Le titre vient d'une coutume lors des mariages : on offrait au nouveau couple un cadeau d'excellent saké, dans un tonnelet en bois de saule (considéré comme le meilleur bois pour garder son goût à la boisson). Le "tonneau de saule" est donc la promesse que le recueil contient d'excellentes compositions.

Les mentions chiffrées en référence du premier senryû (ici Y. 89,30 par exemple) indiquent respectivement que le poème cité se trouve dans l'original japonais au trentième feuillet du quatre-vingt neuvième volume du Tonneau de saule (Yanagidaru).

Le dictionnaire des moeurs dans le senryû (en japonais Senryû Fûzoku jiten, abrégé en SF), de Tanabe Teinosuke (éditions Seiabô, Tôkyô, 1962, 507 p.) traite de tous les aspects de la vie aux XVIIIè et XIXè siècles tels qu'ils apparaissent dans le senryû, mais ce volume ne cite pas les sources des poèmes mentionnés.

Ici, l'indication chiffrée est celle de la page du volume.

Toutes les éditions modernes japonaises sont fondées sur ce système de références.

 

 

Eisen Keisai (1790-1848) 
Estampe polychrome, 1820, période Edo

  

 

 

Par Catgeisha
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